Le dernier baromètre de l’ARCEP (été 2026) fait état d’un « taux de pénétration » de plus de 95% de la fibre optique en France. Comme déjà mentionné à plusieurs reprise, ce chiffre représente le nombre de fibres mises à disposition sur la voie publique (pour simplifier).
Ce n’est pas le pourcentage de prises effectivement raccordées dans les logements et les entreprise. Et ça ne veut pas non plus dire qu’il ne reste plus que 5% d’anciennes lignes en cuivre.
Les « locaux restant à raccorder » sont de l’ordre de 15%. Nous avons donc dans notre pays trois types de populations :
- Ceux qui peuvent avoir la fibre et qui l’ont souscrite (62% d’après le-dit baromètre)
- Ceux qui peuvent l’avoir mais ne l’ont pas souscrite (33% d’après le baromètre)
- Ceux qui ne peuvent pas l’avoir (5%)
Ces chiffres sont évidemment basés sur les déclarations des divers opérateurs.
Dans le même temps, la première phase de « l’extinction du RTC » (la fin de l’ancien réseau) est quasi terminée. Dans 28000 communes il n’est déjà plus possible de souscrire un abonnement sur l’ancien réseau téléphonique et les 8000 restantes ne pourront plus le faire à compter du 1er janvier 2027 (dans 3 mois, donc). En 2030 (dans 3 ans, donc) il est censé être éteint pour de bon.
Vous vous en doutez, les 5% qui ne peuvent pas souscrire à la fibre ne sont pas situés uniquement dans les 8000 communes ou il est encore possible de souscrire des abonnements. Effet direct très concret : impossible pour certaines personnes (et entreprises et collectivités) de se raccorder ne serait-ce qu’au téléphone fixe (sans parler d’internet)
Mais ce sont probablement « des cas ponctuels et isolés ».
Pire, les 33% « qui peuvent avoir la fibre mais ne l’ont pas souscrite » sont loin de n’être que des procrastinateurs invétérés. Si certains ont d’autres moyens de connexion ou se satisfont de l’existant, nombre d’entre eux souhaitent ardemment être fibrés mais … ne peuvent pas.
Un poteau qui manque, un fourreau bouché, un point de raccordement trop éloigné, une adduction télécom inexistante dans un lotissement neuf livré il y a 2 mois, un réseau fibre saturé, des segments de transports endommagés, … les problèmes sont légion et PERSONNE ne centralise les doléances des abonnés (c’est la magie de la main invisible du marché capitaliste qui ne s’intéresse à rien d’autre qu’aux factures à la fin du mois).
Certains opérateurs d’infrastructure (ces entreprises chargées, essentiellement en ruralité, par la puissance publique, de déployer et de gérer le réseau) organisent parfois des « forums » et chez SCANI on parvient de temps en temps à y assurer une présence, généralement aux côtés des grands opérateurs nationaux. Plus le temps passe, plus ces moments n’attirent plus que des gens qui ont des difficultés de raccordements.
Aujourd’hui, Yconik, la filiale locale d’Altitude Infrastructure, organise un forum à Seignelay (qui est l’une des premières communes avec Béon a avoir cru dans le projet que porte SCANI) … Nous nous y sommes donc rendus.
Comme prévu, ce sont essentiellement des gens en difficulté de raccordements qui s’y rendent.
On vous laisse admirer le vide intersidéral de la salle. Il n’y a pas 2 ans, Bouygues, Orange et Free étaient là avec de très beaux stands et parfois jusqu’à 3 commerciaux fort bien habillés et prêts à bondir pour appâter le chaland.

En 2026, quand il reste ne reste plus que « les galères » à gérer quel est le seul opérateur qui reste sur le pont pour essayer de trouver des solutions ?

