Connexion à l’Equinix IX

Ce matin, pendant que la formidable équipe constituée pour l’occasion tirait de la fibre à Joigny, l’un d’eux s’était un peu mis à l’écart vers 10 heures pour monter la connexion reliant le réseau de SCANI au point d’échange Equinix IX. La partie physique de la connexion avait été réalisée il y a quelques semaines, ce matin, il s’agissait de configurer le matériel. C’est la seconde connexion de ce type, le réseau étant déjà relié au France IX.

Mais ça consiste en quoi ? Ça apporte quoi ? Et puis d’abord, c’est quoi un IX et c’est quoi le peering ?

Une (petite) histoire du réseau

Internet, comme le nom l’indique, c’est la chose qui est entre (inter) les réseaux (net). En fait, ce n’est pas une chose mais simplement un énorme tas de câbles contenant majoritairement de la fibre optique et servant à connecter les réseaux entre eux. Celui d’Orange, celui de Google, celui de Cogent et … celui de SCANI.

Chacun porte un numéro (Orange, c’est 3215, SCANI, c’est 201080, par exemple) et ce numéro sert à chaque réseau pour savoir à qui il cause en face. C’est un numéro de système autonome (Autonomous System, AS).

Dans un monde idéal, il faudrait que chaque réseau soit connecté à l’ensemble des autres. Mais comme on en compte un peu plus de 63000 dans le monde et que certains sont loin, c’est un peu compliqué. C’est ici qu’entre en jeu la différence entre transit et peering. Prenons l’exemple de SCANI :

  • Je veux échanger des données avec un serveur situé chez Bouygues Telecom. Nos deux réseaux sont interconnectés, le trafic s’écoule donc directement du réseau de SCANI à celui de Bouygues et inversement. On appel ça du peering.
  • Je veux échanger du trafic avec Telstra (opérateur télécom australien), mais nos deux réseaux sont assez éloignés (Telstra est présent au Royaume Uni et aux Pays Bas, mais pas en France), nous demandons donc à un opérateur tiers, ayant accès à des réseaux plus étendus géographiquement, de transporter notre trafic jusqu’à Telstra (ou jusqu’à n’importe quel opérateur qui saura joindre Telstra ou lui même trouver un autre opérateur qui saura … bref, vous voyez le principe). On appel ça du transit.

Généralement, on paie le transit à la consommation. Le peering est, quant à lui, gratuit … au détail près qu’il est compliqué (et que ça coûte des sous) d’avoir un câble vers chaque réseau d’autre opérateurs avec qui on veut échanger du trafic.

IX vous disiez ?

C’est pour régler ce problème que les points d’échanges (ou Internet eXchange : IX) existent : plutôt que de devoir installer X câbles pour joindre X opérateurs, chaque opérateur tire un seul câble vers une infrastructure technique commune à tous qui a pour rôle de faire passer les paquets des uns aux autres. Un genre de multiprise réseau (pour ceux qui connaissent le principe du switch : c’est un gros switch réparti sur plusieurs sites géographiques).

En France, on a deux points d’échange principaux : le FranceIX dont SCANI est membre depuis déjà quelques années, et l’Equinix IX, point d’échange privé, sur lequel SCANI a été connecté ce matin.

Dans la pratique, c’est une simple paire de fibre de quelques centaines de mètres qui va d’un switch du réseau SCANI à un switch du réseau Equinix IX tous deux situés 114 rue Ambroise Croizat à Saint-Denis.

Côté financier, plus on achète une grosse connexion sur la plateforme commune, plus on supporte les frais qui en découlent.

Ok, et ça apporte quoi ? C’est moins cher ?

Compte tenu de la taille et de la consommation du réseau de SCANI, c’est moins cher puisque c’est … gratuit ! On a, au rythme actuel, encore 1 ou 2 ans devant nous avant de commencer à payer et le premier palier est à 300 € par mois et nous laisse quelques années avant d’envisager le suivant.

Mais surtout, ça permet d’échanger directement. SCANI étant un fabriquant d’accès à internet, la majeure partie du trafic est entrant (3 à 4 fois plus d’entrant que de sortant) et provient à 75% de quelques sources (Netflix, Google, Amazon, Akamai, …)

Pouvoir joindre ces réseaux directement améliore la qualité, la stabilité et le débit. Un certain nombre d’entre eux sont directement joignable lorsque la connexion est établie, mais pour certains autres, il faut aller demander un par un. L’établissement de la connexion est ensuite fait avec trois ou quatre petites lignes de configuration dans les routeurs de chaque côté, à distance.

Si vous voulez en savoir un peu plus et explorer cet univers, voici quelques liens :

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